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Combats de la Chapelotte

Au nord, la dernière barre rocheuse des Vosges

Les regards perpétuellement tournés vers Verdun, la Somme ou le Chemin des Dames, quand on évoque la Grande Guerre tendent à faire oublier une guerre non moins dure et tout aussi meurtrière : la guerre de montagne. Si aujourd'hui le Linge et l'Hartmannswillerkopf, en Alsace, en sont représentatifs, un champ de bataille doublement emblématique et remarquablement conservé est sorti de l'oubli de l'Histoire. Il s'agit de "La Chapelotte". Située aux confins de la Meurthe-et-Moselle et au nord du piémont vosgien, la Chapelotte est certainement le champ de bataille dont l'Histoire est la plus intéressante des Vosges. En effet, ce col, qui permet de relier le département des Vosges à celui de la Meurthe-et-Moselle, est la dernière barre montagneuse avant les plaines de Lorraine, vers Sarrebourg et Nancy. C'est dire si le lieu est hautement stratégique pour l'armée française. Aussi, c'est dès le premier mois de guerre que La Chapelotte est citée dans les communiqués militaires. Elle entre dans l'Histoire comme le lieu où est abattu le premier zeppelin de l'armée allemande. En août 1914, le zeppelin Z8 est l'arme absolue de Guillaume II. Cet aéronef génère au sein des troupes françaises une véritable terreur tant les soldats ont l'impression d'être observés en permanence par ce dirigeable de bombardement, seul engin alors susceptible de porter la guerre très en arrière du front, jusqu'en Angleterre. Il jouit, de part son altitude, d'une quasi-impunité. Aussi quand le Z8 s'échoue sur les sapins de la Chapelotte après avoir reçu de nombreux tirs de fusils et de canons, le mythe zeppelin s'écroule et l'engin révèle sa fragilité dans la guerre moderne. la Chapelotte vient quant à elle d'entrer dans l'Histoire.


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Image : Abri bétonné allemand de la Tête Mathis (Vosges) dont l'apparence rappelle celle des bunkers du "Mur de l'Atlantique" de l'autre guerre. Cliché Yann Prouillet, 2016.

La Chapelotte, le champ de bataille le plus profond de la Grande Guerre

Image : La bataille des frontières terminée, le 12 septembre 1914, le recul allemand après la bataille de la Chipotte stabilise les lignes sur les hauteurs dominant le col, à l'endroit même où fut abattu le dirigeable. Dès lors, une âpre bataille de montagne se déroule sur la cote 542, appellation militaire de ce sommet bientôt haché par la mitraille et l'obus. Situées à contre-pente, les Allemands tenant le plateau sommital, les troupes françaises sont contraintes de s'enterrer à 30 mètres de l'ennemi : "La distance est si faible que, depuis les rochers qui dominent, les Allemands peuvent jeter dans les tranchées françaises des cailloux, des bouteilles, des paquets de journaux et peuvent même engager la conversation". Dès lors, c'est sous terre que les belligérants tentent de progresser et de se détruire. Le 8 juin 1915, les Allemands font jouer une première mine qui détruit quelques mètres de tranchées françaises. Rapidement, c'est l'escalade et le 7 août 1916, les Allemands font exploser 80 tonnes d'explosifs sous les lignes françaises, créant un gigantesque entonnoir et occasionnant même l'effondrement d'une partie de la montagne. A la puissance, les Français répondent par la profondeur et entament une galerie qui pénètre sous les lignes allemandes à 120 mètres de profondeur ; la guerre des mines est alors à la Chapelotte la plus profonde de la Grande Guerre. Le but du génie français est de pulvériser l'ensemble du massif. Seul l'arrêt, au début de septembre 1917, de cette guerre de taupes inutile et coûteuse, stoppera ce paroxysme inégalé dans la guerre souterraine. Les lignes ne bougeront plus jusqu'à l'Armistice.

Un sentier thématique d'ampleur régionale, permet aujourd'hui de parcourir les traces de la guerre de montagne, des observatoires français, aux imposants abris bétonnés de l'arrière front allemand en passant par la ligne de front et les impressionnants entonnoirs de mines de la cote 542. Il permet de se rendre compte de l'extraordinaire richesse des reliques conservées sous les sapins protecteurs, lesquelles constituent l'un des sites de guerre les mieux conservés du territoire ; un véritable musée de la Grande Guerre à ciel ouvert. Il est connecté, via une association qui l'anime, avec un Centre d'Interprétation qui en permet une plus complète compréhension.


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Image : Bas-relief d'Antoine Sartorio, classé Monument historique, à l'entrée du cimetière de Pierre-Percée (Meurthe-et-Moselle). Carte postale ca 1919, fonds Jean-Claude Fombaron.




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