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Combats de la Fontenelle

Un champ de bataille collinaire

Rien ne semble distinguer cette hauteur des reliefs alentour. Pourtant c’est sur la colline de la Fontenelle, ancienne pépinière scolaire avant-guerre, que se fixe le front dès le 12 septembre 1914. Si les Français en possèdent le sommet, les Allemands, accrochés sur le flanc est, le convoitent et chacun organise de puissants retranchements qui coupent ainsi en deux cette butte sommitale. Le 23 juin 1915, profitant de l’absence du 133ème R.I., en renfort en Alsace, les soldats allemands y déclanchent une vaste attaque qui leur permet de conquérir la totalité du sommet. Les 8 et 23 juillet suivants, deux violentes contre-attaques permettent aux troupes françaises de reconquérir l’ensemble de la colline et de faire près de 1 500 prisonniers, occasionnant pour les Allemands un profond et durable traumatisme. Dès lors, une guerre de mines s’engage alors qu’à la surface une lutte de coups de main succède aux attaques de masse.

Dans une guerre de montagne où les observatoires sont primordiaux, les Français ont ici l’avantage en possédant en totalité le massif de l’Ormont, plus au sud, qui contrôle toute la Haute Meurthe. On y trouve une multitude de structures en pierres sèches servant d’observatoires, abritant des pièces d’artillerie ou des locaux techniques taillés dans les roches ruiniformes. Les restes d’une remarquable échelle observatoire de fer, seule connue sur l’ensemble du front, y sont toujours présents aujourd’hui. Du col d’Hermanpaire, situé en contrebas du massif, jusqu’à la Fontenelle, la première ligne allemande multiplie quant à elle les verrous bétonnés dans une impressionnante diversité de structures aux multiples fonctions et ce sur une large profondeur. L’état de conservation de ces traces, reliées par le Sentier de mémoire des lignes de front, en est aujourd’hui également remarquable.
 


Images : Le site de La Fontenelle et ses équipements didactiques (table d'orientation et pupitre explicatif) aujourd'hui. Clichés Maxime Pierrel, 2015.

627, un champ de bataille devenu espace mémoriel et pédagogique

Si la nécropole de la Fontenelle a comblé dès 1919 tranchées et entonnoirs de mines, le bouleversement alentour témoigne encore de la violence des combats. Organisations françaises, guerre des observatoires et fortifications bétonnées allemandes constituent un riche panel de la diversité des traces de la Grande Guerre dans le département des Vosges. A l’instar de Verdun, trois hameaux du Ban-de-Sapt ne seront pas reconstruits ; leurs reliques sont encore présentes aux alentours. Aujourd’hui, dans ce lieu respirant la paix et la sérénité d’un cadre grandiose, le lieu est devenu le symbole départemental des combats dans les Vosges.


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